Table ronde « Adaptation – Résilience » : vendredi 9 juillet 2021 (15h45-17h30)

Objectifs

Au cours de cette table-ronde, les intervenants aborderont la question centrale des conditions nécessaires à la résilience des territoires face aux bouleversements consécutifs au changement climatique et à la perte de biodiversité.

Au titre de ces conditions nécessaires, l’ancrage et l’articulation des savoirs locaux et autres expertises d’usage avec les connaissances scientifiques figurent en bonne position. C’est en effet, en pensant différemment les rapports entre connaissances et territoires que nous pourrons « atterrir » quelque part, là où, nos communs seront redéfinis collectivement libérés des discours et récits hégémoniques de quelque nature qu’ils soient.

Parmi les jardiniers de ces territoires en formation, vous aurez le plaisir de retrouver Charlotte Breda (Uliège), Tom Bauler (ULB), Emeline Curien (École nationale supérieure d’architecture de Nancy) et Paul Hermant (Poète jardinier, acteurs des temps-présents).

Intervenants 

Tom Bauler, économiste écologique, est enseignant-chercheur à l’ULB. Ses enseignements tentent d’articuler les cadrages ainsi que les limites qu’imposent les disciplines scientifiques quand elles parlent de l’interdépendance Humains-Nature. En particulier, il amène ses étudiants à repenser les sciences économiques – leurs discours, leurs principes, leurs rigidités et conventions. En recherche, au sein d’un collectif très interdisciplinaire – il travaille les questions de gouvernance des dynamiques socio-écologiques, en focalisation sur les enjeux d’interactions entre acteurs.

Emeline Curien a suivi une formation d’architecte et a réalisé une thèse en histoire de l’art portant sur l’architecture suisse alémanique des années 1980 à nos jours. Elle enseigne à l’ENSArchitecture Nancy et est chercheuse au LHAC, laboratoire dans lequel elle poursuit ses recherches sur les pratiques contemporaines de l’architecture en Europe en lien avec les questions écologiques élargies. Elle est l’auteur des ouvrages Gion A. Caminada, S’approcher au plus près des choses (Actes Sud, 2018), de Pourquoi bâtir encore ? Atelier d’architecture Eric Furnémont (EDPLG, 2019) et de Pensées constructives, Architecture suisse alémanique 1980-2000 (Fourre-Tout, 2019). Elle fait partie à Nancy d’une équipe pédagogique et scientifique intitulée « Mutations », qui regroupe des architectes praticiens et des chercheurs en architecture, anthropologie, philosophie et sociologie, et qui cherche à comprendre et penser, dans leurs pratiques d’enseignants, d’architectes, de chercheurs mais aussi de citoyens, les enjeux des transformations socio-économiques, culturelles et surtout environnementales en cours et leurs impacts sur l’habiter dans toutes ses dimensions. Elle prépare une habilitation à diriger des recherches en anthropologie, portant sur les pratiques contemporaines de l’architecture et les devenirs de l’anthropogenèse et de la biosphère. Elle a initié, avec son compagnon l’architecte Eric Furnémont, la construction d’un habitat solidaire dans le Condroz, a organisé et animé des chantiers pédagogiques et participatifs portant sur les techniques écologiques pour sa réalisation, et participe à la création de la fondation Naya, qui vise à soutenir et à mettre en œuvre des projets culturels, de formations, de réflexion et de résidences d’artistes dans le Condroz.  

Charlotte Bréda est docteure en anthropologie et travaille au Centre Ressort (Recherche appliquée et formation continue de la Haute École Robert Schuman). Depuis quinze ans, elle analyse et expérimente des méthodes de co-construction des savoirs sur les transformations de la nature et leur participation à la gestion du territoire au Québec et en Belgique.

Prendre en compte les savoirs locaux dans la compréhension et l’adaptation aux transformations environnementales apparaît aujourd’hui comme une évidence… mais comment y parvenir ? Comment articuler des savoirs locaux avec des savoirs issus des rationalités scientifiques ? Comment éviter de simplement les intégrer aux cadres épistémologiques dominants et réinstaurer des rapports de forces entre les savoirs, ceux-là-mêmes que l’on souhaite éviter ? Sous couvert d’urgence ou de crise, la participation des savoirs locaux est pourtant souvent réduite à peau de chagrin.

Il existe de nombreuses manières de les faire participer, des méthodes clés sur porte ou des démarches plus innovantes co-construites. Avec plus ou moins de succès… J’aborderai la participation des savoirs locaux et leurs limites notamment en contexte de crise environnementale à partir de deux expériences de recherche : la gestion locale des risques d’érosion du littoral au Québec et la co-construction de la gestion d’une forêt en Ardenne. J’évoquerai plus particulièrement les conditions d’existence et de participation des savoirs locaux et situés dans les problématiques de changements climatiques.

Paul Hermant a fondé un certain nombre de mouvements belges et européens comme l’Opération Villages roumains ou Causes Communes dont le dénominateur commun est le « local » et d’autres initiatives, comme le G1000, où l’exercice démocratique était central. Il a été chroniqueur socio-politique dans les émissions d’information de la Première jusqu’en 2012. Il partage aujourd’hui son temps entre la Fédération des Services Sociaux et le Centre socialiste d’éducation permanente (Cesep).

Peut-être que l’organisation démocratique nécessaire pour répondre à l’empilement des enjeux demande, comme bien d’autres choses, à être redimensionnée. Quels seraient alors les territoires de la démocratie, comment seraient-ils peuplés et avec quoi et qui seraient-ils articulés ? Et surtout, comment éviteraient-ils la reproduction des processus de domination, de quelque nature qu’ils soient. Faudrait-il faire alors « pays dans le pays » comme le préconisent les actrices et acteurs des temps présents ? C’est-à-dire superposer et redimensionner, sur une carte existante, des territoires de la démocratie autogouvernés et reliés entre eux par des communs sociaux ? Les premières observations de ce qui s’est passé dans l’année et demie de pandémie que nous venons de vivre nous disent à la fois la totale actualité d’un tel propos en même temps qu’elles en soulignent l’aspect forcément anachronique.

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